Création d’une banque de données autour des systèmes de représentations des enfants et des processus d’affiliation

Dans le cadre des projets de l’Axe 2 du programme Enjeu(x), des réflexions ont été engagées autour des systèmes de représentations des enfants et des processus d’affiliation, des modalités d’élaboration des liens de filiation au Moyen Age.

Un projet portail d’interrogation automatique de données iconographiques

L’élaboration d’outils de recherches pertinents est apparue comme une priorité, en étroite collaboration avec les collègues du CERHIO spécialisées en Humanités numériques (F. Alibert), en Archivistiques (B. Grailles) et en Bibliothéconomie (V. Neveu), dont l’expertise et le concours ont été précieux. Un des premiers objectifs est d’élaborer un portail d’interrogation automatique de données iconographiques (sur les thèmes de l’enfant, de l’enfance, de la filiation, de la parentalité, etc.). La configuration du portail devrait permettre une interrogation collective sans rapatriement en soi des images, mais avec des liens vers les bases – support.

Des repérages empiriques à un hébergement par Huma-Num

Un premier repérage empirique des différentes banques de données iconographiques a pu être engagé à partir du TGIR, mais aussi d’outils comme Ménestrel. Concrètement, il nous appartient de formaliser des partenariats, en obtenant d’abord les accords de principe des institutions de recherche hébergeant et alimentant ces banques de données préexistantes, puis en sollicitant le droit de renvoyer à leurs bases. En amont, il est nécessaire de comprendre leurs champs de recherche, pour trouver des équivalences normalisées. Il faut donc identifier leurs champs lexicaux de description, connaître leur langage de programmation, et délimiter les contours de leur thésaurus. Matériellement, il faudra prévoir un hébergement par Huma-num à Nantes, et solliciter le soutien logistique de l’ingénieur de recherches à recruter. Des stages de M2 pourront également être proposés à des étudiants de M2 – archives.

BnF Mandragore et IRHT Initiale : des outils à interroger

L’IRHT a mis en œuvre un projet d’état général de l’inventaire des manuscrits enluminés conservés en France. Bien qu’il soit encore malheureusement inachevé à ce jour (indexations partielles, numérisations partielles), les outils élaborés par la BnF et l’IRHT sont premiers à mobiliser. La base Mandragore contient 170 000 notices pour 18 000 descripteurs et 80 000 images associés ; elle peut être interrogée grâce à un classement thématique, ou à partir d’un moteur de recherche. La base initiale de l’IRHT est composée des bases des bibliothèques municipales, des bibliothèques de l’ENS, la Bibliothèque Sainte-Geneviève, la Mazarine, et divisée en deux ensembles accessibles à un public non spécialiste, Enluminures et Liber Floridus. Elle contient une majorité de manuscrits français enluminés ; 7 700 notices contiennent des indications sur le décor, dont 2500 ont des mots-clés.

L’horizon européen

L’intégration progressive de bases de données du même ordre à l’échelle européenne serait évidemment souhaitable. Plutôt qu’un objectif scientifique à court terme, nous le considérons comme un horizon d’élargissement du portail, ce qui implique de prendre en considération en amont la question des langues permettant d’interroger les bases préexistantes. Par ailleurs, afin d’éviter des doublons, il sera nécessaire d’engager une action de repérage d’éventuels programmes européens du même ordre (comparable à Manuscriptorium, en France).

Les Humanités numériques au service de la recherche historique : une méthodologie de travail à construire

Pour l’heure, l’impression de dispersion des outils qui prévaut, même lorsque des TGIR comme Huma-Num commencent à structurer les initiatives. Il apparaît en outre indispensable de prévoir des sessions de formation aux langages informatiques, aux méthodes d’interrogation des moteurs de recherche, pour les non-spécialistes des Humanités numériques et des traitements informatiques des corpus. Les premiers échanges entre Valérie Neveu et Claudia Rabel à l’IRHT mériteraient d’être prolongés et formalisés de manière à proposer aux différents chercheurs concernés par l’élaboration du portail une clarification du mode de fonctionnement des bases et des stratégies les plus fécondes pour les interroger.

Une double approche, technique et scientifique

Un double volet scientifique devra être envisagé : d’abord pour maîtriser les langages de programmation, et identifier les modes de fonctionnement de ces banques de données, puis pour concevoir le questionnaire scientifique auquel soumettre les banques d’images. Dans les deux cas, des sessions de workshop sont à programmer.

Il nous apparaît aussi utile de profiter des retours d’expérience de la part de groupes de recherche ou laboratoires qui ont tenté des recherches de cette nature, qu’elles soient liés à des bases iconographiques ou textuelles. Les questions relatives aux choix techniques devront être discutés, et bien souvent « décryptées » pour les non-spécialistes désireux de se former (SGDD-type MySQL associé à un langage serveur PHP, comment permettre l’entrée de métadonnées, comment permettre des formes d’exportation, etc). Quelques équipes ont pu être identifiées et pourront être sollicitées : comme l’équipe Musiconis, qui depuis 2011, a engagé une réflexion collective sur la représentation du son dans les images de performances musicales du Moyen Age, regroupant des musicologues, des informaticiens, des spécialistes de l’iconographie médiévale ; les équipes du pôle du Document numérique de la MRSH de l’université de Caen, qui ont porté plusieurs projets comme e-cartae (outil d’édition scientifique numérique et scientifique ; les porteurs des bases Sigilla ou Devises hébergés sur Huma-Num/ Cosme ; etc.

Dans une démarche comparable, des ateliers de travail ou journées d’étude devront être organisées pour problématiser au mieux les contours de la recherche sur l’enfance médiévale que nous appelons de nos vœux. Des réflexions sont à mener sur les enjeux de la mise en image des enfants dans les sociétés médiévales, en mobilisant les travaux d’historiens de l’art mais aussi de sémiologues ou d’anthropologues. Au-delà de la question primordiale de l’élaboration du questionnaire implicite pour interroger la banque d’images que nous appelons de nos vœux et qui mplique d’identifier les champs susceptibles de mettre en scène l’enfant (enfance de la Vierge, enfance du Christ, ou « pallium » (pour trouver des représentations de la mise sous le « poêle » de l’enfant légitimé par le mariage de ses parents : dans les enluminures du décret de Gratien ?), il conviendra de mobiliser les concepts d’âge de la vie (âge social / âge biologique) et de genre, d’identifier les seuils de l’enfance, de préciser ce que sont majorité, émancipation, maturité (sexuelle), etc.

Les premiers jalons pour un projet ANR – Jeunes Chercheurs

Parmi les prolongements escomptés de ces premières recherches, la formalisation d’un réseau permettant de porter un projet ANR – JC est envisagée. Sans préjuger du report à l’identique pour l’an prochain des axes identifiés pour la campagne 2015, plusieurs axes du défi 8 nous ont paru pouvoir correspondre aux recherches en cours, et notamment dans l’axe 1, la question des mouvements sociaux autour des mutations démographiques et familiales (et notamment l’étude des débats sur la diversité des formes familiales.

Carole Avignon (Université d’Angers ; CERHIO-UMR 6258)

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