Enfance, violence et traumatisme. Représentations littéraires, cinématographiques et artistiques

Le projet : Si le caractère tragique de la situation de l’enfant en temps de guerre ou face à une catastrophe frappe tout de suite, il y a d’autres traumatismes moins spectaculaires mais tout autant réels, qui concernent la situation des enfants ayant vécu sous des régimes autoritaires et/ou totalitaires dominés par la peur, la censure et l’autocensure, les interdictions nombreuses, les non-dits, bref, par le manque de liberté et de libertés (liberté d’expression, de réunion, etc.). L’expression « génération du silence » a été utilisée dans des nombreux pays ayant vécu ce type de régime, pour rendre compte de la situation de ces jeunes qui sont venus au monde et ont grandi au milieu de tous ces interdits et de ces contraintes. Dans le monde hispanophone, par exemple, le cinéma s’est beaucoup intéressé à ces enfants : de Los olvidados (1950) de Luis Buñuel à Paisito (2008) de Ana Diez, en passant par Cría cuervos (1976) de Carlos Saura ou La historia oficial (1985) de Luis Puenzo. La littérature aussi leur a « donné la parole » ou les a mis au centre de ses interrogations.

La méthodologie : La représentation de l’enfance dans ces œuvres permet d’explorer toute une série de questions: d’ordre esthétique (les frontières entre les genres, entre fiction et témoignage…), d’ordre narratologique (la focalisation, les liens narrateur/narrataire…), d’ordre social et politique (les enjeux d’une mémoire multiple, les “règlements de compte” entre différentes générations); elle pose aussi des questions par rapport à la mémoire individuelle et collective (la place de ces traumatismes dans la mémoire, dans l’espace publique, les différentes situations allant d’une mémoire peu ou pas exprimée à une mémoire apaisée), etc. Le chantier concerne donc différentes aires géographiques et différentes disciplines.

Pilotes du projet : Erich Fisbach et Raúl Caplán

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