Appel à contribution 19-21 juin 2019 – Formes brèves et adolescence

littérature adolescence

Né dans les sociétés occidentales du XIXe siècle, le concept d’adolescence a évolué jusqu’à « l’éclosion du groupe adolescent comme âge spécifique de la vie » (Christine Cannard, 2012). Plusieurs études ont été menées sur l’imaginaire de l’adolescent, mais le rapport entre adolescent et formes brèves demeure un terrain assez inconnu. D’ailleurs, si des travaux universitaires ont bien été consacrés aux formes brèves dans le contexte de l’enfance, celui des jeunes adultes n’est abordé que rarement.

Les formes brèves et l’adolescence peuvent être envisagées dans des perspectives disciplinaires diverses : littérature, psychologie, histoire, sociologie, arts plastiques et visuels. Le groupe adolescent sera considéré non seulement en tant que récepteur / consommateur de formes brèves, producteur de formes brèves et acteur d’innovations, mais aussi en tant qu’objet de représentation dans un large corpus.

Le colloque permettra aux chercheurs de s’interroger sur la nature des liens entre adolescence et formes brèves. Par leur capacité de condensation, notamment par recours aux références intersémiotiques, les formes brèves font écho à la double contrainte du dit et du non-dit de cet entre-deux qu’est l’adolescence. La compacité sémantique et poétique inhérente à l’économie des formes brèves entre en résonance avec les interrogations des adolescents en recherche de ressources cognitives et émotionnelles qui à la fois leur lancent des défis et les rassurent. Enfin, les formes brèves, laboratoire d’expérimentations insolites, répondent potentiellement aux besoins créatifs des adolescents.

Les communications couvrant diverses aires géographiques et linguistiques pourront éventuellement porter sur les pistes suivantes :

1) Poétique de la forme brève :

– Formes brèves et adolescence à travers l’histoire (Exempla médiévaux ; emblèmes ; columna, chronique de presse signée d’un écrivain prestigieux tenant sur une colonne, etc.)

– Slogans politiques (“Sous les pavés la plage” ou “Interdit d’interdire” en mai 68) ; poèmes en une ligne (One-Line Poems) ; graffiti, traces laissées sur les murs, dans les établissements pénitentiaires, stand-up, théâtre de rue, rap, slam, dessins humoristiques, poésie Beat.

– Chansons rock, poèmes et autres productions de la contre-culture visant un public adolescent depuis les années 1950.

– Recueils et cycles de nouvelles s’adressant à (ou comportant comme protagonistes) des adolescents.

– Classiques de la littérature adaptés à un public adolescent.

– Productions et adaptations multimodales (films, séries, BD).

– Nouvelles technologies (hyperlittérature, blogs, tweets).

2) Réception / production des formes brèves par les adolescents

–          Réseaux sociaux : fan-fiction, chroniques.

–          Pratiques de production et de réception collaboratives par les adolescents dans l’espace numérique. Émergence de nouvelles formes de sociabilité.

–          Frontières mouvantes entre production et réception en ligne.

–          Exploitation pédagogique / didactique des formes brèves dans l’enseignement en général et dans l’enseignement des langues en particulier. Modes d’entrée traditionnels dans la littérature (morceaux choisis) ou plus contemporaines (en ligne).

3) Pistes thématiques

–          Construction d’une identité : les questionnements identitaires de l’adolescent pourront être envisagés dans leur rapport avec leurs productions narratives, graphiques, musicales ou théâtrales. Les traces, révélatrices d’une quête de sens, vont de l’inscription sur un mur au journal intime, en passant par la création de noms, de pseudonymes, de signatures reconnaissables chez les rappeurs, les youtubers, les graffeurs.

–          Métamorphose et mutation : Les changements physiques, psychologiques et moraux vécus par l’adolescent représentent un thème récurrent dans les productions culturelles autour de l’adolescent. Les épreuves qu’il doit confronter et les choix qu’il doit faire contribuent à sa transformation, à la découverte de son corps, à son éveil sexuel, au développement de sa conscience politique et morale quant aux différences de sexe, de classe, d’ethnie et aux problèmes de marginalité, d’intégration/exclusion, de rapport à la loi et à l’autorité.

–          Trauma : les expressions et représentations du trauma peuvent être étudiées sous différents angles : psychologique, historique, sociologique, littéraire.

Les propositions de communication (300 mots en français ou en anglais et un bref CV) devront parvenir aux organisateurs Karima Thomas (karima.thomas@univ-angers.fr) et François Hugonnier (francois.hugonnier@univ-angers.fr) avant le 31 janvier 2019.

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