Etude PsyCADO COVID-19

Suite des résultats : les points saillants

Nous étions revenus vers vous au début du mois de juin pour vous présenter le profil des répondants à notre étude PsyCADO COVID-19.

Après avoir effectué diverses analyses, il est maintenant temps de passer à une présentation des résultats des grands points de cette étude.

PARTIE 1 : Outils multimédias et activités (questions 19 à 24)

A. Technologies et numériques (question 19)

Concernant l’équipement numérique, la quasi-totalité des répondants (523 d’entre eux) possèdent un smartphone personnel. Différents choix d’équipements étaient proposés aux répondants (ordinateur, tablette, console de jeux, télévision), la plupart d’entre eux possèdent un ordinateur et pour la grande majorité c’est un outil qui leur est personnel. Une grande majorité des répondants possèdent également une télévision mais plus de la moitié d’entre eux la partage avec plus de deux personnes. La tablette est le matériel que possèdent le moins les répondants.

Diagramme illustrant les réponses à la question « Concernant l’équipement technologique, possèdes-tu personnellement ou pas, le matériel suivant ou le partages-tu? »

B. Activités sportives (Questions 20 et 21)

Au travers du questionnaire, les chercheurs ont également questionné les habitudes sportives des répondants avant le confinement. Environ 80% des répondants pratiquaient une activité sportive (dont 70% au sein d’un club ou d’une association sportive) avant le confinement que ce soit sous la forme d’un sport collectif ou d’un sport individuel.

C. Activités de loisir (Question 22)

Les chercheurs ont également questionné les habitudes des répondants en termes d’activités de loisirs. Toutefois, comme le montre le diagramme ci-dessous, ces activités n’étaient pas particulièrement pratiquées par les sujets composant notre échantillon.

Diagramme illustrant les réponses à la question « Avant le confinement, pratiquais-tu les activités de loisirs suivantes et à quelle fréquence (par semaine) ? » ?

D. Travail scolaire (questions 23 et 24)

En ce qui concerne le travail scolaire avant le confinement, un peu plus de 9 répondants sur 10 de notre échantillon estimaient avoir de bons résultats scolaires et 75,3% se disaient motivés par le travail scolaire.

Après avoir donné les grandes tendances des réponses concernant la période avant le confinement, voici maintenant quelques données relatives à la situation de confinement des répondants et les changements qui y sont liés.

PARTIE 2 Le confinement (Questions 13 à 18 puis 25 à 48)

A. Résidence (questions 13 à 18)

Dans l’ensemble, la quasi-totalité des répondants (96,4%) se sont confinés sur leur lieu de résidence habituel qui est pour la grande majorité une maison avec jardin. Ainsi, les lieux de confinement étaient composés de plusieurs pièces comme l’illustre le diagramme circulaire ci-dessous.

Diagramme illustrant les réponses à la question « Combien de pièces (en tout) y a-t-il dans ton domicile actuel ? »

Concernant l’espace privé, 93,1% des sujets avaient une chambre personnelle.

Les sujets interrogés étaient pour la plupart confinés dans leur foyer comprenant entre 3 et 5 personnes ainsi que pour plus de la moitié d’entre eux un ou plusieurs chien(s) et/ou chat(s).

B. Situation de confinement (Questions 25 à 36)

  • Question qualitative

Au travers d’une question ouverte, les chercheurs ont voulu savoir quel avait été le ressenti des adolescents interrogés à l’annonce du confinement.

Les réponses données sont différentes dans la mesure où certains ont affirmé avoir ressenti plusieurs sentiments et d’autres uniquement un seul sentiment. Il est important de relever que parmi les répondants ayant ressenti plusieurs sentiments, certains les ont ressentis simultanément alors que d’autres ont d’abord ressenti un premier sentiment puis un autre au bout d’un certain temps. En général il s’agissait d’un sentiment joyeux au départ qui s’est atténué au fur et à mesure laissant place à de l’ennui, de la lassitude. Ce qui ressort également c’est que certains se sont vus immédiatement préoccupés par leur scolarité (le BAC par exemple) alors que pour d’autres il s’agissait davantage de préoccupations sociales (ne plus voir ses amis par exemple…).

  • Respect des mesures gouvernementales de confinement

L’annonce du confinement a comme vous le savez tous été accompagnées de l’annonce de nombreuses mesures gouvernementales. Mais qu’en est-il du respect de ce mesures par les répondants et leur entourage ?

Comme le montre les graphiques ci-dessous, on observe que selon les dires de la très grande majorité des répondants les mesures gouvernementales ont été respectées.

Diagramme illustrant les réponses à la question « Respectes-tu les mesures gouvernementales de confinement ? »
Diagramme illustrant les réponses à la question « Les personnes avec qui tu résides respectent-elles les mesures gouvernementales de confinement ? »
  • Moyen(s) d’informations

Pendant la durée du confinement, plusieurs médias ont été utilisés par les adolescents pour s’informer de l’évolution de la pandémie de COVID-19. 80,4% des adolescents interrogés utilisaient la télévision comme vecteur d’informations et 61,3% utilisaient les réseaux sociaux. Une grande partie d’entre eux (69,3%) s’informaient également par l’intermédiaire de leur entourage familial. La radio est un média qui a été moins usité par les jeunes pour s’informer (seulement 20,9% des adolescents ont affirmé l’utiliser comme moyen d’informations) et quelques jeunes seulement ont répondu s’informer en lisant la presse.

  • Rapport à l’épidémie de COVID-19

Comme le montre le diagramme ci-dessous, les adolescents interrogés ainsi que leur entourage ne se sentaient pas vraiment concernés par le COVID-19.

Diagramme illustrant les réponses à la question « Êtes-vous, toi-même et les personnes de ton entourage, concernés par le COVID-19 ? »
  • Travail scolaire

En ce qui concerne la situation personnelle des répondants, 513 répondants sur 550 suivent des cours en ligne. Le temps passé à étudier chaque jour est vraiment différent en fonction des adolescents, en effet les réponses varient d’une moyenne de moins d’une heure à plus de six heures par jour. Comme le montre le diagramme ci-dessous il n’y a pas vraiment de tendance générale qui se dégage, les réponses sont plutôt hétérogènes.

Diagramme illustrant les réponses à la question « Concernant le travail scolaire, combien de temps passes-tu à étudier par jour, en moyenne ? »

Les moyens les plus utilisés par les adolescents interrogés pour communiquer avec leur(s) enseignant(s) sont :

-l’espace numérique de travail (91,6% des adolescents interrogés)

-les visioconférences (61,9% des adolescents interrogés)

-les mails (66,1% des adolescents interrogés)

Les cours en ligne et le travail à distance n’étant pas des conditions habituelles et communes pour ces adolescents, ils sont susceptibles d’avoir rencontrés plus ou moins de difficultés. C’est donc également un point qui a été soulevé dans ce questionnaire quantitatif.

Si 22% des répondants ont affirmé n’avoir aucune difficulté particulière sur le plan du travail scolaire, 62,5% ont répondu avoir des difficultés à se mettre au travail (en lien avec une perte de motivation) et 33,5% avaient des difficultés liées à l’augmentation de la charge de travail.

Pour pallier ces difficultés, 40,7% des répondants ont affirmé être aidés par leur entourage.

C. Les changements liés au confinement (questions 37 à 48)

  • Sommeil

Concernant le sommeil, les réponses au questionnaire font ressortir une augmentation de certains phénomènes entre la période de l’avant-confinement et le confinement. En effet, les répondants étaient 153 à avoir des difficultés à s’endormir avant le confinement et ils étaient 222 pendant le confinement. Par ailleurs, 101 adolescents ont répondu avoir des insomnies pendant le confinement alors qu’ils étaient seulement 63 à en avoir pendant le confinement.

Pour les habitudes de sommeil, les tendances générales qui ressortent sont que les adolescents interrogés se sont levés et couchés plus tardivement qu’en temps normal.

94 répondants ont tout de même affirmé avoir un rythme de levers et de couchers plus régulier pendant le confinement.

  • Alimentation

En ce qui concerne le changement au niveau des habitudes alimentaires, plusieurs choix de réponses étaient proposés aux répondants. Les principaux changements significatifs relevés par rapport à la période avant le confinement sont :

  • des horaires de repas décalés (concernent 268 répondants)
  • la surveillance de l’alimentation (concerne 206 répondants)
  • le grignotage entre les repas (concerne 202 répondants)

Une moindre proportion de répondants ont rapporté manger davantage (147 répondants), sauter des repas (131 répondants) et ont relevé une perte d’appétit (98 répondants).

  • Réseaux sociaux

L’usage des réseaux sociaux est également une pratique qui est susceptible d’avoir été modifiée pendant le confinement. La plupart des réseaux sociaux proposés en choix de réponse ont été davantage utilisés par les répondants pendant le confinement qu’en temps normal. En revanche, Instagram et Snapchat sont deux réseaux sociaux qui ont été moins plébiscités par les répondants pendant le confinement qu’en temps normal.

Diagramme illustrant les réponses à la question « Quels réseaux sociaux utilises-tu ? »

Concernant le temps d’utilisation, ce qui ressort c’est une augmentation du temps passé sur les réseaux sociaux. En effet, comme le montre le diagramme ci-dessous, avant le confinement les adolescents que nous avons interrogés passaient pour une grande partie d’entre eux entre moins d’une heure et deux heures par jour en moyenne sur les réseaux sociaux. Pendant le confinement, ils étaient plus nombreux à y passer entre deux et plus de cinq heures par jour en moyenne.

Diagramme illustrant la réponse à la question « Combien de temps passes-tu sur les réseaux sociaux, par jour, en moyenne ? »
  • Activités

Une question interrogeait également la pratique de certaines activités de loisirs. Les principaux changements relevés sont :

  • Une augmentation du temps consacré : au visionnage de séries et de films (concerne 411 répondants), à la cuisine (concerne 283 répondants) et aux jeux de société (259 répondants)
  • Une réduction des activités sportives (concerne 163 répondants)
  • Relations personnelles

Les relations personnelles sont également susceptibles d’avoir été modifiées pendant cette période de confinement. Du côté des relations avec les parents, si 330 répondants ont affirmé avoir de bonnes relations avec leurs parents avant le confinement ils n’étaient plus que 275 pendant le confinement.

43 adolescents ont répondu avoir des relations conflictuelles avec leurs parents pendant le confinement (contre 22 avant le confinement).

En règle générale, les relations avec les parents se sont donc dégradées pendant le confinement toutefois ce n’est pas non plus une tendance très marquée.

Concernant les relations avec les frères et sœurs il n’y a pas vraiment de changements notables à relever.

Du côté des relations amicales, si les adolescents sont 33,8% (soit 185 répondants) à avoir affirmé qu’elles étaient restées inchangées avec le confinement, ils sont tout de même 45,3% (soit 248 répondants) à avoir répondu qu’elles étaient plus distantes.

Concernant les relations amoureuses, les résultats ne font pas émerger de tendance, en effet la grande majorité des répondants (422 sur 550) ont affirmé ne pas avoir de petit.e ami.e.

Pour ceux étant en couple, la réponse la plus donnée est que le confinement leur a fait éprouver un manque (manque affectif ou manque de relations physiques).

PARTIE 3 Ressentis (questions 49 à 55)

Trois questions de l’enquête quantitative portaient sur le ressenti avant et pendant le confinement. Les chercheurs ont souhaité savoir si les adolescents interrogés ressentaient :

  • un sentiment de mal-être
  • des inquiétudes
  • un sentiment de solitude

Pour cela nous avons utilisé une échelle de 0 à 5 où 0 correspond à aucun ressenti et 5 à un très grand ressenti.

La tendance générale est qu’une majorité de répondants ont affirmé ne ressentir aucun sentiment ni de mal-être, de solitude ou d’inquiétudes avant le confinement et que ces chiffres ont baissé pendant le confinement (par exemple 400 adolescents ont répondu ne pas ressentir de solitude avant le confinement, ils n’étaient plus que 227 pendant le confinement).

Pour les trois ressentis proposés, les répondants sont plus nombreux à avoir coté 2, 3, 4 ou bien encore 5 pendant le confinement qu’avant.

Diagramme illustrant la réponse à la question « Eprouves-tu un sentiment de mal-être personnel ? Précise son intensité sur une échelle de 0 (aucun) à 5 (maximum) »
Diagramme illustrant la réponse à la question « As-tu des inquiétudes ? Précise leur intensité sur une échelle de 0 (aucun) à 5 (maximum) »
Diagramme illustrant la réponse à la question « Eprouves-tu un sentiment de solitude ? Précise son intensité sur une échelle de 0 (aucun) à 5 (maximum) »

Les chercheurs ont également voulu savoir si les adolescents interrogés trouvaient des avantages personnels à la situation de confinement. Là aussi il s’agissait de coter de 0 à 5 où 0 correspondait à aucun et 5 au maximum, une faible proportion d’adolescents ont répondu 4 ou 5 (48 répondants ont coté 4 et 12 ont coté 5).  La réponse la plus donnée est la cotation 2 comme l’illustre le diagramme ci-dessous.  Les adolescents n’ont donc au final pas tellement trouvé d’avantages à la situation de confinement.

Diagramme illustrant la réponse à la question « Trouves-tu des avantages personnels dans la situation de confinement ? Précise dans quelle mesure sur une échelle de 0 (aucun) à 5 (maximum) »

Toujours sur ce même système de cotation de 0 à 5, les chercheurs se sont intéressés aux émotions. Voici quelques diagrammes illustrant les réponses données :

Diagrammes illustrant les réponses à la question « En confinement, éprouves-tu les émotions suivantes ? Précise avec quelle intensité sur une échelle de 0 (pas du tout) à 5 (maximum) »

Et après…..

Les chercheurs ont voulu savoir à quoi renvoyait l’après-confinement pour les adolescents interrogés. Il est intéressant de relever que pour un grand nombre de participants, l’après-confinement s’assimile à la liberté et au retour à la vie d’avant toutefois pour d’autres répondants au contraire l’après-confinement s’apparentait à un nouveau point de départ, une occasion de changement et de renouveau. Les autres réponses données mettaient en avant des préocupations scolaires et sociales : certains adolescents ayant répondu que pour eux l’après-confinement signifiait que la vie sociale allait reprendre (relations familiales et amicales, activités) alors que pour d’autres cela signifiait qu’il allait falloir retourner au collège ou au lycée. Les autres réponses données par les adolescents reflétaient une certaine inquiétude, un stress parfois lié au fait que le danger sera toujours là et qu’il faudra continuer à respecter les gestes barrières.

Travail réalisé par Laura RATTIER, Stagiaire (école d’orthophonie) – juin 2020

Facebooktwitter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *