Inconscient où es-tu ? Colloque des 20 ans du Master Psychologie clinique, clinique du lien social

Colloque anniversaire du Master Psychologie clinique, clinique du lien social.

Inconscient où es-tu ? De la psychanalyse à l’université et dans la société à la psychanalyse dans les pratiques cliniques

 

On tient la découverte freudienne de l’inconscient comme étant l’acte de naissance même de la psychanalyse. Qu’il se manifeste à travers la psychopathologie de la vie quotidienne ou à travers la voie royale du rêve, l’inconscient est la précieuse et révolutionnaire trouvaille à la source de la métapsychologie. Il surgit comme système dans la première topique pour se diffracter dans les instances de la seconde. Depuis un siècle, il a été discuté, chahuté, théorisé et interprété dans une chaine de signifiants qui aurait pu apparaître sans fin… Il a donné lieu à différentes écoles qui ont produit elles-mêmes de nombreux cliniciens, psychologues, psychothérapeutes, psychiatres, psychanalystes qui s’emploient à en cerner les principales manifestations individuelles et sociales et beaucoup d’autres professionnels encore qui s’y réfèrent.

On a cherché à le débusquer aussi bien sur le divan, dans la cure que dans les groupes, dans les institutions, dans le champ social ou dans la famille. Qu’il se traduise par le symptôme ou par tout autre phénomène, il met au défi la simple rationalité consciente, logique, scientiste, explicative des disciplines démonstratives ou encore hypothético-déductives…pour comprendre les enjeux transférentiels et contre-transférentiels qui s’établissent dans la rencontre des subjectivités.À l’heure où notre société est aux prises avec une hypermodernité qui bouleverse ses repères familiaux, communicationnels, avec des transformations géopolitiques, un brassage de populations et de cultures qui mettent à l’épreuve les garants socio-culturels symboliques, qu’en est-il alors de la part de l’inconscient et ses liens avec la souffrance psychique des sujets, des groupes, des familles et des institutions ? Qu’est-ce qui gouverne le sujet et la société ? Entre malaise collectif et mal être singulier comment la violence et la destruction s’invitent, tant sur le plan intersubjectif qu’intrapsychique et réclament qu’on écoute l’inconscient, qu’on lui trouve sens et qu’on le scénarise par les voies de l’élaboration ?

Quelle place aujourd’hui pour une clinique et une pratique psychothérapeutique qui échappent au projet de normalisation et à la quantification qu’inspirent des logiques diagnostics ignorant la singularité subjective? Comment s’inventent les pratiques contemporaines pour écouter le sujet de l’inconscient dans le contexte sociétal d’aujourd’hui?
Comment la référence psychanalytique est-elle mise à l’épreuve de l’hyper-modernité, et s’inscrit-elle dans la formation universitaire, dans les pratiques cliniques et dans le domaine de la recherche ? Comment l’expression des psychopathologies contemporaines et les nouveaux symptômes sociaux interrogent-ils la place du sujet et sa liberté à porter son désir et sa parole et quels enjeux éthiques cela convoque-t-il ?

Contexte

Le master psychologie clinique, clinique du lien social né en 1998 à l’Université d’Angers s’est inscrit dès son origine dans une perspective psychanalytique appliquée autant au sujet qu’au groupe, soucieux de former des psychologues cliniciens ayant compétences pour entendre la souffrance psychique dans ses expressions autant singulières que plurielles. Il a proposé d’offrir aux étudiants des connaissances théoriques, mais aussi des outils méthodologiques et une valorisation du savoir pratique via l’expérience de stage, tout en mettant au travail les enjeux de l’implication personnelle, le rôle du transfert et contretransfert dans le champ de la psychothérapie.
Son évolution conduit aujourd’hui ce master vers une co-diplômation avec l’Université de Tunis (Tunisie) et très récemment vers un nouvel intitulé : «Psychopathologie, psychologie clinique du lien social et familial » en lien avec les travaux actuels des enseignants-chercheurs de l’équipe émergente BePsyLab « Bien-être & Processus de subjectivation », membres de l’équipe pédagogique. Dans une résonance aux enjeux sociétaux contemporains, un autre parcours est récemment né pour accompagner ce dernier. Il s’intitule : « Psychologie du traumatisme, parcours et contextes cliniques » et vise une formation ouverte au champ problématique du trauma, là encore, autant individuel que collectif. Son approche théorique prend en compte la question de l’inconscient mais sans dogmatisme, pour ouvrir aussi au dialogue avec d’autres perspectives.

Objectifs

Pour autant, maintenir à l’université des formations au référentiel psychanalytique, comme le soutiennent ces deux parcours, suppose de défendre l’existence de l’inconscient, l’importance de la position de l’incertitude et la reconnaissance de la position inter et transubjective. Or, aujourd’hui la société se méfie du sujet et sa différence, cherche dans sa peur de l’étrange étranger que représente l’autre, à normaliser, rééduquer, formater, étiqueter, évaluer, uniformiser, autrement dit, à réduire l’individu à ses conduites et symptômes, en mettant de côté son désir, son histoire, sa parole et plus largement sa vie psychique. Les institutions de soins, les techniques thérapeutiques, le champ scientifique, les priorités de formation, la clinique quotidienne dans sa diversité, sont impactés par la tyrannie du « même », au sacrifice de la subjectivité.

Inconscient où es-tu passé à l’occasion de la crise de la modernité ?

 

 

Le 30 novembre 2018 de 8h15 à 18h

Amphi L – Université d’Angers, Faculté de Lettres, Langues et Sciences Humaines – 11 Bd Lavoisier 49045 Cedex 01

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