#Sciencesparticipatives : Projet 1 000 archives : Mil-itant·es et archives

Le projet 1 000 archives (Mil-itant·es et archives) entend lui se situer dans le champ bien reconnu des archives et des archivages militants en mettant à profit l’expertise de la Cité des mémoires étudiantes. Cette structure associative possède une désormais longue expérience de collecte et de préservation d’archives de mouvements et organisations d’étudiants. Ce champ archivistique présente des caractéristiques tout à fait particulières, qui permettent d’y voir un secteur privilégié pour l’élaboration d’une archivistique participative.

L’action de la Cité des mémoires étudiantes consiste en effet notamment à reconstituer des fonds d’archives d’organisations étudiantes disparues à partir de fonds personnels de militant·es (J.-P. Legois, 2011). Il en résulte une attention profonde à des questions d’essence fondamentalement participative : comment reconstituer un fonds dont l’ordre « originel » n’existe plus ? Comment co-produire de la connaissance sans confondre les logiques d’acteurs ? Pour les archivistes, habitué·es à une certaine mise à distance, comment transformer l’empathie nécessaire en force pour mettre en action une maïeutique archivistique ? Plus précisément, le terrain d’étude envisagé sera celui de la reconstitution actuellement en cours des archives de l’UNEF 1971-2001 (dite aussi UNEF Renouveau puis UNEF Solidarité étudiante) avec le collectif « Pour l’histoire de l’UNEF (1971-2001) » constitué nationalement et régionalement, en particulier autour d’un groupe Facebook réunissant près de 400 membres.

Trois axes et voies d’approche seront explorés. S’agissant d’une étape de maturation, on mettra l’accent sur la vérification des méthodes et manières de faire, afin d’envisager leur possible déploiement à plus grande échelle dans le cadre d’un projet de plus grande ampleur.

Élaboration d’une démarche reproductible et d’outils diffusables permettant d’associer réellement les ancien·nes militant·es à des tâches comme l’élaboration d’un plan de classement et le choix des mots à faire figurer dans les analyses descriptives des archives, sans pour autant les former à l’avance ni vouloir faire d’eux des apprenti·es archivistes. A cette fin, il est prévu d’organiser des ateliers nationaux et régionaux réunissant des militant·es et des archivistes plus ou moins aguerri·es (expert·es et/ou étudiant·es en archivistique du master d’Angers) et confrontant leurs points de vue et réactions, notamment autour du choix des mots à employer. Ces ateliers seront filmés afin de pouvoir être ensuite analysés par des enseignants chercheurs en archivistique de l’université d’Angers.

– L’organisation d’ateliers de « documents performés » pour enregistrer les témoignages suscités par le commentaire de documents d’archives.

– L’exploitation en petits groupes comprenant un ou plusieurs historien·nes contemporanéistes du questionnaire déjà co-construit entre les ancien·nes militant·es et les représentant·es de la Cité des mémoires étudiantes pour servir de base à l’écriture participative de l’histoire de cette UNEF (1971-2001)

L’ensemble du dispositif débouchera sur la production d’outils et de conseils de nature méthodologique, au service d’une science participative des mouvements sociaux, qui seront notamment présentés lors d’une journée d’étude en forme de bilan qui devra poser la question de l’extension et de la transférabilité de cette première expérience. En fonction de ces résultats et à l’issue de cette phase de maturation, des réponses aux appels à projets du programme pluriannuel SAPS de l’ANR ou Sciences participatives en situation d’interdisciplinarité du CNRS sont envisagées.

Un projet mené par Patrice MARCILLOUX

Suivez l’actualité d’EnJeu[x]

twitterrssyoutube
Facebooktwitter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.