Axe 5 – Enjeux de santé publique

Co-responsables de l’axe: Céline Lancelot (neuropsychologie, Université d’Angers), Régis Coutant (pédiatrie, Université et CHU d’Angers), Paul Richard (réalité virtuelle, Université d’Angers), Jean-Christophe Rozé (pédiatrie, Université et CHU de Nantes)

Thématiques de recherche

1. Maladies de l’enfant, vulnérabilité et handicap

Bénéficiant d’une expertise reconnue tant dans les domaines des fonctions exécutives, de la cognition sociale et de l’activité gestuelle que dans l’exploration et le suivi médical des enfants et des adolescents souffrant de pathologies neurologiques, génétiques, oncologiques, nutritionnelles ou psychiatriques, les chercheurs de SHS et de médecine se proposent d’allier leurs forces afin d’améliorer la compréhension des difficultés psychologiques et neuropsychologiques inhérentes à ces maladies en vue de proposer des actions thérapeutiques innovantes et complémentaires aux prises en charge actuelles. Dans cette intention, une approche intégrée associant les aspects directement liés à la maladie, les répercussions sur le fonctionnement psychologique et neuropsychologique ainsi que les facteurs de vulnérabilité nutritionnelle, psychologique et environnementale sera plébiscitée et permettra d’interroger les questions relatives à la qualité de vie des patients et plus généralement à la notion de handicap.

2. Santé des enfants et des jeunes et environnement numérique : solution ou problème ?

Afin d’enrichir les connaissances sur le fonctionnement psychologique et social des enfants et adolescents, sera développée une plate-forme innovante (portail numérique) destinée à la prévention, au diagnostic et à la rééducation des troubles psychologiques et neuropsychologiques. L’objectif est d’offrir aux professionnels de santé et à la population un outil permettant de traiter, via les réseaux, le plus grand nombre, et ainsi avoir un impact fort au niveau régional et interrégional. Des environnements virtuels ainsi que de nouveaux modèles d’interaction (3D) seront développés pour permettre des simulations et des exercices plus écologiques et un système innovant destiné à la rééducation des enfants sera intégré à la plate-forme. Concernant les addictions, les difficultés liées à la consommation excessive d’écrans (console, internet, téléphones) chez les adolescents seront abordées spécifiquement. Bloqués dans des dynamiques d’évitement, quelquefois avec des symptômes anxieux, dépressifs, de déni, de culpabilité et de honte, ces adolescents ont peu recours aux services de santé. Un portail numérique est un moyen d’accéder à cette population peu encline à s’orienter vers des aides extérieures.

3. Construction médicale de l’enfance et de l’adolescence

Abordé d’un point de vue historique, le processus de construction médicale de l’enfance et de l’adolescence en tant que catégories distinctes de patients aux besoins spécifiques, ainsi que les réponses apportées par les professionnels de santé aux enjeux sociaux et politiques relatifs à ces souffrants sera exploré. Notre ambition est d’expliciter les dynamiques conjointes entre la construction de ces catégories de patients, la définition de pathologies particulières et l’émergence de spécialités médicales. L’attention des professionnels se porte sur diverses maladies – l’idiotie au XIXe siècle, la schizophrénie juvénile au XXe siècle – révélant à la fois l’évolution des paradigmes médicaux et les préoccupations sanitaires, sociales et politiques d’une époque. Le développement des mesures de prévention et de santé publique, comme la création de dispositifs de soin dédiés gagneraient aussi à être étudiés du point de vue des malades et de leur entourage afin de mieux comprendre la réception des innovations médicales et du processus de professionnalisation. Tandis que jusqu’au XIXe siècle les soins sont dispensés par les proches ou un corps médical indifférencié, le siècle suivant se caractérise par l’émergence de spécialités comme la pédiatrie, la psychiatrie infantile ou encore la médecine scolaire. Cette professionnalisation génère des débats sur les frontières du médical et des concurrences entre professionnels de santé sur la question de leur domaine d’expertise, mais elle permet aussi un renouvellement des regards, des discours et des pratiques qui restent à mettre en lumière.